Ferme, Entreprise, Famille : Grande Exploitation Et Changements Agricoles Xviie-Xixe Siècles: Les Chartiers par Jean-Marc Moriceau, Gilles Postel-Vinay

Ferme, entreprise, famille
par Jean-Marc Moriceau, Gilles Postel-Vinay

Les transformations de l’agriculture dans l’Europe moderne ont suscité des analyses contradictoires, allant jusqu’à remettre en cause la croissance du 18e siècle (en France comme en Angleterre). Pour y voir plus clair, l’ouvrage propose un changement d’échelle, retenant comme unité d’observation la famille ; il prend pour objet l’histoire de grands exploitants établis au nord de Paris (les Chartier). Aucun n’est passé de la grande culture à la firme : ferme(s) et famille, ils ne sont pas allés au-delà.

La terre et les paysans
par Association des historiens modernistes des universités (France). Colloque, Association des historiens modernistes des universités (France)

Le bureau de l’Association des Historiens modernistes, fidèle à la tradition inaugurée par le président Yves-Marie Bercé, n’a pas souhaité que l’ensemble de la question mise aux concours soit traité mais il a choisi le thème des productions et des exploitations agricoles en privilégiant des synthèses et des mises au point entre les recherches des années soixante et celles des années 1990. En mêlant plusieurs générations d’historiens, venant d’horizons fort divers et en faisant appel à d’éminents spécialistes qui ont consacré une grande part de leurs travaux et même de leur vie à l’histoire des campagnes, l’Association des modernistes espère susciter des vocations pour ces recherches parmi les candidats aux concours et si possible les inciter à trouver des chemins non encore piétinés afin de renouveler les perspectives et les problématiques. Il faut bien dire que les étudiants actuels, d’origine urbaine le plus souvent, éprouvent les pires difficultés à comprendre nos ancêtres villageois et considèrent ” ce monde que nous avons perdu ” comme une civilisation lointaine dont il faut décrypter avec patience des signes tout à fait incompréhensibles. Cette perspective ethnologique conçue par des jeunes chercheurs qui n’ont, dans leur mémoire, aucun des souvenirs qui rattachent les gens de notre génération à un passé encore relativement proche pour nombre d’entre nous, pourrait apporter une moisson de renouvellements qui serait à la fois un remède à la crise de l’histoire que certains perçoivent et une recréation de ce lien, de cette compréhension, voire de cette amitié entre les générations qui ont vécu l’histoire depuis le XVIe siècle et qui est sans doute ce qui donne un sens très chaleureux à notre métier d’historien.

Les sociétés rurales face à la modernisation
par

Entre 1830 et 1930, de la révolution industrielle à la crise mondiale, les campagnes ouest-européennes ont dû faire face au double défi de la modernisation et de l’intégration nationale. Tel a été le cas en France, mais aussi en Allemagne, en Italie et, avec plus de difficultés, en Espagne. En France, la prospérité du Second Empire a fait place à une dépression profonde, mais corrélative d’un ralliement du monde paysan à la République, qu’a renforcé la Première Guerre mondiale.

Sur un fond d’unification nationale, se produisent d’immenses migrations : elles sont le fruit de l’industrialisation accélérée en Allemagne, du trop-plein démographique des régions méridionales en Italie. Il s’ensuit une grave crise des campagnes qui entrave le passage à la démocratie, se posant ainsi la question des origines du totalitarisme. L’Espagne elle non plus n’est pas épargnée, du fait de la rigidité de ses structures sociales archaïques. La crise atteint même la France, malgré la puissance intégratrice des organisations syndicales agricoles. Le crash de 1920, puis la grande dépression des années 1930 révèlent l’ampleur du marasme du monde paysan en Europe occidentale ; ils préparent dans une mesure assez large le grand affrontement mondial des années 1939-1945.

Sous la direction de Dominique Barjot, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Université Paris-IV.

Marie-Françoise Berneron-Couvenhes, professeur de classes préparatoires HEC au Lycée de Lorient.

Olivier Faron, directeur de l’École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon.

Jean-Louis Lenhof, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université de Caen.

Françoise Berger, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’IEP de Grenoble.

Albert Broder, professeur émérite d’histoire économique contemporaine à l’université Paris-XII-Val-de-Marne.

Bruno Jegou, ATER d’histoire économique contemporaine à l’Université Paris-IV.

Marie-Bénédicte Vincent, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université d’Angers.

L’apogée des sociétés rurales (années 1830-1870) ? Les campagnes face au triple défi de la nation, de l’industrialisation et de l’intégration mondiale (années 1880-1914). De la guerre à la crise des sociétés rurales (1914-1931).


La culture équestre occidentale, XVIe-XIXe siècle
par Daniel Roche

Un siècle et quelque après l’invention du moteur à explosion, l’Occident presque totalement oublié le rôle qu’a joué le cheval dans son histoire, qu’il s’agisse de son usage économique et guerrier ou de ses fonctions symbolique, politique et culturelle. Comment le rapport des hommes à la gent équestre a-t-il fonctionné de la Renaissance à la Belle Époque ? Tel est l’objet de l’immense enquête entreprise par Daniel Roche et qui comptera trois volumes. Dans Le cheval moteur, il montre comment l’accroissement des chevaux a été suscité par les besoins en énergie, comme il a été porté par des exigences stratégiques ou distinctives. Le triomphe des attelages et voitures est le résultat le plus spectaculaire d’une révolution que n’ont pas, pendant longtemps, freiné les chemins de fer et les machines à vapeur. En dressant l’inventaire des lieux concrets et des situations ordinaires l’écurie, la caserne, le haras, la route, l’auberge, l’atelier du maréchal-ferrant, du carrossier et du sellier en interrogeant le travail des éleveurs, des cochers, des marchands de chevaux, des entrepreneurs de transport, en montrant les effets provoqués sur l’élevage et les métiers du cheval par des besoins nouveaux, l’étude définit la modernité de la culture équestre qu’entraînent l’utilité, le pouvoir et la passion.

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